Plan de Développement
Introduction
Le Bloc National (BN) a pour tradition d’étudier en profondeur tous ses dossiers avec une approche rationnelle sans faire de fausses promesses et de présenter les problèmes en toute transparence. Les solutions proposées aux problèmes soulevés sont viables, mais elles dépendent des allocations budgétaires de l’État et de la volonté du ou des députés de les obtenir. Quant aux aides internationales, elles dépendent surtout de la réputation et de la probité du député qui propose le projet.
1- Rôle du député
Le parlementaire libanais joue un rôle primordial au niveau du développement au plan national et plus exactement dans la circonscription dans laquelle il s’est porté candidat.
- Il travaille à l’élaboration des lois favorables au développement national sur les plans économique, industriel, écologique, agricole, sanitaire, éducatif, urbain, archéologique, social, démographique, touristique, sportif et civique.
- Il contrôle les dépenses et la politique du gouvernement concernant le développement de sa circonscription et il propose et demande l’attribution de fonds gouvernementaux aux projets de sa région.
- Il encourage une politique de développement dans sa circonscription dans tous les secteurs susmentionnés et il soutient les municipalités dans leurs projets de développement. Il facilite la collaboration entre l’État et le secteur privé et peut essayer de promouvoir les projets de sa région auprès d’organisations internationales, privées ou publiques.
- Il élabore et incite une culture de développement et doit transmettre aux citoyens habitant dans sa circonscription la fierté d’appartenir à la région et l’importance de la préserver.
2 – Le développement au niveau du caza du Kesrouan
A - Absence de planification centralisée au Kesrouan
- Il faut d’abord constater l’absence criante d’une stratégie de développement globale et durable à tous les niveaux. En effet, l’État n’a jamais dessiné une carte englobant un plan de développement et une politique d’action spéciale pour le Kesrouan, sachant que ce caza d’environ 344,47 km2 de surperficie se distingue par son originalité aux niveaux :
- économique (présence d’un port, d’établissements commerciaux, etc.)
- industriel (présence d’usines, etc.)
- écologique (forêts, vallées, montagnes, mer, fleuves, etc.)
- agricole (nature propice à la culture des arbres fruitiers et de légumes divers, etc.)
- touristique (présence de monuments anciens, de sites archéologiques et naturels, de services d’hôtellerie et de restauration, etc.)
- éducatif (présence d’un grand nombre d’écoles, d’universités, d’institutions techniques, etc.)
- sportif (présence de quelques clubs sportifs actifs, de certains stades, etc.)
- sanitaire (présence d’un bon nombre d’hôpitaux et de dispensaires, etc.)
- démographique et social (surpopulation excessive, problèmes sociaux, etc.)
La guerre interne au Liban a détruit presque toutes les institutions de la République, et les tentatives de l’État de se redresser sur le plan du développement ont été minimes à cause des soucis de reconstruction, des problèmes politiques internes et des guerres externes contre Israël.
- Les municipalités du caza ont rarement pu élaborer une politique de développement à moyen et long termes ; elles se contentent d’offrir aux citoyens les services minimums (propreté, asphalte, etc.). Ce problème est dû à l’absence de subventions étatiques, ainsi qu’à l’absence d’une conscience civique du développement chez certains responsables qui cherchent à profiter de leurs fonctions à des fins politiques ou matérielles.
- Les associations non-gouvernementales qui optent pour le développement sont rares au Kesrouan ; les efforts émis par certaines d’entre elles sont restés minimes relativement aux énormes besoins de développement dans la région.
B - La situation actuelle du caza du Kesrouan au niveau de tous les secteurs de développement et les solutions proposées
1- Le tourisme
Le caza du Kesrouan se distingue par la présence de sites touristiques, archéologiques et naturels uniques : vestiges et monuments anciens, grottes, vallées (par exemple la vallée de la Croix séparant les deux cazas du Kesrouan et du Metn), montagnes, stations de ski, port, plages, hôtels et restaurants etc.
Ce secteur touristique constitue à notre avis le moteur du développement à court et à long termes.
- Les problèmes
- Instabilité sécuritaire et économique.
- Pollution et dégradation de la nature.
- Infrastructure et moyens de transports défectueux.
- Absence des services dans la zone d’estivage surtout dans la montagne du Kesrouan.
- Fermeture du port de Jounieh.
- Taxes élevées.
- Défaut d’entretien des sites archéologiques et naturels et absence d’informations touristiques précises.
- Absence d’investissements importants dans le secteur surtout au niveau du tourisme culturel, de l’écotourisme et du tourisme de loisir.
- Violation des propriétés publiques maritimes et autres.
- Les solutions
- Assurer une stabilité sécuritaire et économique.
- Élaborer un plan touristique comportant les points suivants :
- Encourager l’écotourisme, le tourisme de loisir et le tourisme culturel.
- Aménager des sites archéologiques et naturels.
- Créer des musées.
- Ajuster les taxes et les impôts.
- Ouvrir le port de Jounieh.
- Améliorer l’infrastructure touristique.
- Mettre fin aux violations des propriétés publiques maritimes et autres.
- Raviver les traditions et les coutumes des villes et des villages, et plus généralement mettre en valeur le patrimoine culturel et religieux très riche et abondant au Kesrouan.
2 – Le commerce
- Les problèmes
Les petits et moyens commerces présents au Kesrouan souffrent des problèmes suivants :
- Situation économique déplorable.
- Situation touristique défectueuse.
- Infrastructure et moyens de communications défectueux.
- Taxes et impôts excessifs.
- Absence de prêts abordables garantis par l’État pour les commerçants.
- Les solutions
- Assurer une stabilité sécuritaire et économique.
- Encourager les projets d’investissements dans le domaine du commerce et assurer aux commerçants des prêts garantis par l’État et des subventions étatiques.
- Réévaluer les taxes et les impôts fixés par l’État.
- Améliorer l’infrastructure et les moyens de communication.
- Encourager le tourisme à travers des projets touristiques importants dans la région.
3 – L’industrie
Il existe au Kesrouan plusieurs genres d’industries, parmi lesquelles :
- l’industrie artisanale (tapis, meubles, couture, etc.)
- l’industrie alimentaire (fromages, viandes, vins, conserves, etc.)
- l’industrie métallurgique (aluminium, cables, etc.)
- l’industrie du textile et celle du plastique
- l’industrie des matières de construction
- Les problèmes
- Situation économique déplorable.
- Absence de grands projets industriels dans la région (industrie lourde).
- Absence de subventions et de prêts garantis par l’État aux industriels.
- Absence de zones industrielles bien organisées.
- Manque d’investissements sérieux dans le secteur.
- Prix excessifs du carburant et des matières premières.
- Concurrence externe.
- Coupures d’éléctricité fréquentes.
- Taxes et factures excessives.
- Infrastructure et moyens de communication déplorables.
- Les solutions
Assurer une stabilité sécuritaire et économique.
- Élaborer un plan industriel conçu par l’État en collaboration avec le secteur privé, et comportant des facilités pour les industriels (prêts et subventions, baisse des prix du carburant, des matières premières et des différentes taxes, création de zones industrielles, amélioration de l’infrastructure et des moyens de communication).
- Protéger l’industrie nationale contre la concurrence externe.
- Encourager l’industrie artisanale qui est en voie de disparition.
4 – L’agriculture
La nature et la géographie du Kesrouan assurent l’existence d’une agriculture diversifiée. Toutefois, l’agriculture est concentrée dans la haute montagne et les principaux produits sont les pommes, les poires, les prunes et les cerises, etc.
Outre les arbres fruitiers, il existe au Kesrouan des cultures annuelles de légumes de toutes les variétés.
- Les problèmes
- Gains minimes récoltés dans le secteur, coûts de production élevés, prix des engrais et des pesticides agricoles excessifs, main-d’œuvre rare, difficultés de vendre les produits agricoles sur les différents marchés internes et externes.
- Diminution des surfaces agricoles à cause de la construction et de l’urbanisme.
- Mauvaises gestion et utilisation des sources d’eau.
- Absence de subventions et d’indemnités assurées par l’État en cas de catastrophes naturelles au profit des agriculteurs et absence de prêts abordables pour ces derniers.
- Absence de regroupements agricoles et de sécurité sociale pour les agriculteurs.
- Concurrence externe excessive.
- Budget annuel du ministère de l’agriculture insuffisant pour répondre à tous les besoins du secteur.
- Pollution de la terre et des eaux.
- Absence de laboratoires agricoles spécialisés.
- Absence de directives et de consignes agricoles tendant à améliorer la qualité des produits d’une part et d’introduire de nouvelles formes d’agriculture de l’autre.
- Les solutions
- Élaborer un plan agricole prenant en considération les besoins les plus urgents (construction de barrages, lacs artificiels, subventions et indemnités pour les agriculteurs en cas de catastrophes, ouverture des marchés externes, sécurité sociale aux agriculteurs, obtention de prêts abordables, créations de regroupements agricoles, mise à disposition des engrais et des pesticides à des prix abordables, construction de puits souterrains profonds, etc.)
- Augmenter le budget annuel du ministère de l’agriculture et activer les différents secteurs du ministère.
- Accroître les espaces agricoles et encourager les agriculteurs à rester sur leurs terres en leur procurant les facilités nécessaires.
- Protéger les produits agricoles nationaux contre la concurrence externe à partir de conventions internationales équitables.
- Donner des directives et des consignes agricoles afin d’améliorer la qualité des produits.
- Créer des laboratoires spécialisés dans les régions agricoles.
- Mettre terme à la pollution des terres et des eaux.
- Mettre en œuvre de nouvelles formes d’agriculture.
5 – La démographie et le social
Le caza du Kesrouan souffre d’une surpopulation excessive, due à la guerre de 1975 – 1990, qui a causé un déplacement important de personnes vers la région. En effet, le nombre des habitants du caza est estimé à environ 100.000 résidents, dont 65.000 sont permanents ; la densité de la population est de 359 habitants par km2. Ce fait crée des problèmes majeurs à tous les niveaux, et surtout aux niveaux social et économique.
- Les problèmes
- Problèmes d’habitat.
- Constructions en masse.
- Pollution.
- Embouteillages.
- Pauvreté, criminalité et autres problèmes sociaux.
- Chômage et autres problèmes économiques.
- Transport en commun très mal organisé.
- Désorganisation du secteur des transports en commun.
- Retard dans l’exécution de certaines formalités dans les administrations publiques.
- Les solutions
- Mettre en œuvre un plan d’urgence répondant à tous les problèmes engendrés par ce changement démographique (planification urbaine, solutions aux problèmes de l’habitat, de la pollution, du travail, de la criminalité et autres).
- Mettre fin au dossier des déplacés forcés par la guerre, développer les autres villes et villages afin d’inciter les citoyens à revenir dans leur région d’origine, à condition d’assurer une stabilité sécuritaire et économique dans le pays.
- Développer l’infrastructure et les moyens de communication et mettre en œuvre un plan national efficace pour les transports en commun.
6 – Le sanitaire
Le caza du Kesrouan englobe un certain nombre d’hôpitaux, de dispensaires et d’autres institutions sanitaires. Ils sont tous situés dans une zone géographique déterminée, alors que beaucoup de régions manquent des moindres services sanitaires.
Il est important de signaler à cet égard l’existence d’un seul hôpital gouvernemental dans la région de « Bouar ».
- Les problèmes
- Services sanitaires et médicaments à prix excessifs.
- Accroissement des maladies engendrées par la pollution de l’air, de la terre et des eaux (cancers, asthme, etc.)
- Absence de sécurité sociale couvrant tous les citoyens libanais.
- Absence de services sanitaires dans certaines régions du Kesrouan.
- Les solutions
- Créer des centres hospitaliers et des dispensaires dans certaines régions ayant des besoins urgents.
- Ajusteer la facture sanitaire et les prix des médicaments au ministère de la Santé publique.
- Assurer une couverture sanitaire à tous les citoyens.
- Mettre en œuvre un plan tendant à diminuer la pollution en tout genre dans la région.
7 – L’environnement
- Les problèmes
- Pollution de l’air (centrale électrique de Zouk et bien d’autres usines).
- Pollution des eaux des fleuves, des rivières et de la mer par les eaux usées, les égoûts et les déchets mal gérés.
- Diminution des surfaces vertes due aux incendies de forêts, au découpage sauvage d’arbres et aux constructions illégitimes suite à des permis délivrés illégalement. Signalons que les forêts (chênes, sapins, pins) couvrent environ 23 % de la surface de Kesrouan ; elles sont répandues sur les versants des hautes montagnes et au centre et sont peu denses sur le littoral.
- Violation de la nature et dégradation de l’environnement (carrières, etc.)
- Absence de conscience écologique chez le citoyen.
- Exploitation anarchique des carrières de pierres (Wata el-Jawz et Beqaata) et des carrières de sables (Hrajel, Mayrouba et Beit el-Mehdi).
- Les solutions
- Organiser l’action de la population pour faire pression afin d’obtenir du gouvernement la solution au problème provoqué par les émissions des cheminées de Zouk.
- Contrôler la qualité du fuel utilisé par l’EDL (Électricité du Liban).
- Installer des systèmes de filtrage des eaux usées et des égoûts.
- Installer des usines pour le traitement des déchets durs.
- Créer des réserves naturelles, reboiser selon une politique écologique planifiée par les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement en association avec les différents acteurs interessés publics et privés et appliquer immédiatement des législations tendant à protéger l’environement (Code de la forêt et de la propreté publique, etc.).
- Renforcer le contrôle de l’État sur l’émission des permis de construire.
- Nomnmer de nouveaux garde-forêts et créer des unités de pompiers avec des moyens modernes et efficaces.
- Arrêter immédiatement les violations de la nature.
- Élaborer une conscience écologique à transmettre aux citoyens du Kesrouan à partir de programmes d’éducation adoptés dans les écoles et les universités ainsi qu’à partir de campagnes publicitaires bien ciblées.
8 – L’éducation
Le caza du Kesrouan abrite un grand nombre d’écoles, d’universités et d’institutions techniques, concentrées dans certaines régions géographiques. En contre-partie, le caza manque d’espaces aménagés pour la recherche scientifique ainsi que de places réservées à la culture.
- Les problèmes
- Crise économique influant sur le secteur de l’éducation.
- Présence de quelques branches de l’Université Libanaise qui ne répondent pas aux besoins de la population dans la région.
- Décalage au niveau de l’enseignement entre les écoles privées et publiques.
- Absence d’enseignants qualifiés dans un certain nombre d’écoles.
- Insuffisance des subventions de l’État aux écoles privées gratuites.
- Coût élevé de l’éducation et diminution considérable des bourses et des aides aux élèves et aux étudiants.
- Absence de bibliothèques publiques.
- Absence de centres de recherche scientifique et d’espaces culturels.
- Les solutions
- Accroître le budget annuel du ministère de l’Éducation nationale et de l’enseignement surpérieur.
- Créer de nouvelles branches de l’Université Libanaise dans toutes les régions de Kesrouan et dans toutes les spécialisations, après étude établie par le ministre de l’Éducation et de l’enseignement supérieur.
- Assurer des subventions aux écoles et aux universités (bourses et aides sociales).
- Améliorer le niveau de l’enseignement, surtout dans les écoles publiques.
- Créer des bibliothèques, des espaces culturels et des centres de recherche scientifique.
9 – Le Sport
- Les problèmes
- Clubs sportifs politisés et non professionnels.
- Absence de stades et de terrains sportifs aux normes internationales.
- Absence de subventions sérieuses de l’État et plus précisément du ministère des Sports et de la jeunesse.
- Les solutions
- Faire subventionner le sport par l’État en créant des stades et en encourageant les clubs sportifs à mieux s’organiser loin des tractations politiques.
10 – Le civisme
- Les problèmes
- Absence d’éducation civique et violation des lois et règlements en vigueur (Code de la route, de la propreté publique, de l’environnement, etc.).
- Ignorance totale des principes et des droits de l’homme, surtout ceux concernant le développement.
- Ignorance totale du citoyen de ses droits et obligations dans sa relation avec l’État et l’administration publique (corruption, retard dans les formalités, fontionnaires non qualifiés).
- Comportements irresponsables des citoyens les uns envers les autres (troubles de voisinage, absence de respect à l’égard des personnes âgées, etc.).
- Les solutions
- Renforcer l’éducation civique dans les écoles et même dans les universités.
- Informer les citoyens sur leurs droits et leurs obligations envers l’État et la communauté dans laquelle ils vivent.
- Faire appliquer sévèrement par l’État les lois et les règlements en vigueur.
- Renforcer et activer les organes de contrôle de l’État (justice, Inspection centrale, Cour des comptes, Conseil supérieur de discipline).
Conclusion
La situation du développement au Kesrouan est assez complexe et les efforts de mise en œuvre des solutions citées restent minimes. Le Bloc National Libanais s’engage à utiliser tous les moyens disponibles pour résoudre les problèmes de la région et améliorer la qualité de vie de ses habitants. Toutefois, la situation politique et économique du pays ainsi que l’État joueront un rôle déterminant dans le succès de l’entreprise et la possibilité d’assurer son financement.
Zouk, le 10 mai 2009


